Corner Etudes


Quatre pièces d'Emanuel Gat

 Ces quatre pièces courtes s’inscrivent dans la continuité des thèmes et des idées explorés dans « Brilliant Corners », création 2011 de la compagnie. Toutes quatre proposent un zoom-in sur les différents aspects du processus de création et donc une réflexion sur les modalités et les conventions du spectacle vivant.

 Le terme 'Étude' fait référence à ses origines musicales - une composition, généralement courte et complexe conçue comme un exercice pratique visant à perfectionner un aspect particulier d’une technique. Ces quatre pièces partent de cette idée d’étude et proposent d’examiner au plus près les mécanismes et le cœur du travail de création chorégraphique.

Poussée par une volonté inhérente de donner un contexte à la danse en engageant les espaces laissés entre le public et la représentation, « Corner Etudes » interroge la position de spectateur, la réalité chorégraphique et la façon dont le moment incarné et phénoménologique dansé est vécu.

« Corner Etudes » explore des thèmes tels que l’inclinaison à la recherche intellectuelle de « réponse », l'interprétation, la spéculation sur le sens, et l'expérience réelle du moment performatif. Pour les trois premières pièces du programme, les spectateurs et les danseurs partageront le même espace, celui du plateau, laissant le public extrêmement mobile et proche de la danse qui s’y déploie.

En ce sens, cet ensemble d'études est pensé comme un outil de réflexion destiné à la fois aux interprètes et au public,  avec au centre l’idée de ne pas chercher de réponse, mais de se donner complétement à l’acte de questionner.

 

A to F

Chorégraphie créée en collaboration et interprétée par : Hervé Chaussard, Michael Löhr, Pansun Kim, Philippe Mesia, Geneviève Osborne, François Przybylski, Milena Twiehaus.

 

« A to F » est le titre qui a été donné durant les phases de travail à la scène culminante de « Brilliant Corners », une section chorégraphique chaotique et pourtant précisément organisée qui se construit autour d’un mécanisme d'interrelation et de dépendance mutuelle entre les danseurs. La structure cinétique faite de qualités organiques se développe en un flux continu de motifs imprévisibles mais cohérents engendrant une urgence dramaturgique interne.

Cette nouvelle « étude » suit le même processus de création que la partie du même nom dans « Brilliant Corners », permettant dans un contexte différent une nouvelle exactitude et à une autre forme de langage d’émerger. Il s’agit d’une expérimentation sur les règles de construction et la façon dont elles gouvernent tout système mobile et vivant, depuis  la chorégraphie jusqu’à l'organisation sociale.

 En proposant une visualisation presque graphique des connexions humaines, « A to F » transpose les relations sociales en un système chorégraphique qui se comporte comme une cartographie du réseau d’informations circulant constamment entre les individus.

 

 

Duet

Chorégraphie créée en collaboration et interprétée par : Hervé Chaussard, Philippe Mesia, Genevieve Osborne et Milena Twiehaus 

Assistante à la chorégraphie et répétitrice : Rindra Rasoaveloson

 

Soixante minutes de danse condensées à la fois dans le temps et dans l'espace, dupliquées en deux duos distincts qui sombrent l’un dans l'autre, pour créer une conversation d’une dynamique et énergie viscérales entre les quatre danseurs. Par la négation radicale des aspects spatiaux de la matière d'origine, les informations et qualités liées  au temps sont poussées vers l'avant. Une conversation intime et méticuleusement articulée entre deux femmes et deux hommes.

 

 

Quartet

Chorégraphie créée en collaboration et interprétée par : Francois Przybylski et Michael Lohr

Texte : T.S. Elliot, Four Quartets.

Musique : Léon

 

Avec l’attrait de cet amour et la voix de cet appel, nous ne cesserons pas notre exploration , Et le terme de notre quête, Sera d’arriver là dont nous étions partis, Et de savoir le lieu pour la première fois.

« Quartet » est une étude du contrepoint. Quatre lignes indépendantes alliant le mouvement et le récit, sont entremêlées par les deux interprètes en un jeu riche et ludique de structuration, d'équilibre, de poursuite, de confrontation, d'écho, de miroir, de fuite, de réponses et de questions, dans une tension constante entre organisation et improvisation.

Des extraits du poème de TS Eliot, hautement contrapuntique lui même, viennent se briser sur la chorégraphie et l’intègrent pour créer une version « inédite » et recomposée du texte, rimé en direct par les danseurs et soigneusement positionné dans le contexte de la danse.

L’émanation de contenu et de sens d’un texte entre en résonnance avec l'ouverture de l'information physique générée par la danse, engendrant un flux vibrant d’informations auditives et visuelles. 

 

The surprising complexity of simple pleasures 

Chorégraphie créée en collaboration et interprétée par : Hervé Chaussard, Amala Dianor, Aurore Di Bianco, Michael Löhr, Pansun Kim, Philippe Mesia, Geneviève Osborne, François Przybylski, Milena Twiehaus.

 

La manière surprenante par laquelle des systèmes et structures complexes, qu'ils soient physiques ou mentaux, concrets ou abstraits, animés ou inanimés, suscitent un sentiment simple de justesse.

 

Le but n’est pas de satisfaire l’œil ou l’oreille, il s'agit de permettre à toute personne regardant, contemplant le travail, de « voir » le sens de la structure en tant que structure, indépendamment du contenu qu'on pourrait lui imposer. Une architecture baroque, d’infinis détails et références, fusionnant en  un TOUT cohérent et simple.

 

Faisant partie intégrante de la volonté de relier le processus artistique au public, « The surprising complexity of simple pleasures » sera entièrement créée en présence de spectateurs, de la toute première répétition en studio jusqu'aux dernières mises au point techniques sur scène. Le public pourra ainsi suivre au plus près le processus de création d'une nouvelle chorégraphie, et à travers un dialogue continu pourra faire part de ses questionnements, commentaires et réflexions.

Ce format permettant une interaction constante entre le public et les artistes tout au long du processus créatif ne prendra pas fin après la première représentation. Puisqu'il s'agit d'appréhender la chorégraphie comme une entité en évolution plutôt qu'un produit achevé, plus tard en tournée, elle sera toujours répétée en public dans les théâtres où elle sera présentée. Le processus d'adaptation, de questionnement, de changement et d'évolution continuera d'être exposé et partagé avec le public tout au long de la vie de la pièce.

 

 

 

Production Emanuel Gat Dance Company

Coproduction Festival Montpellier Danse 2013

Avec le soutien du de Singel, Campus Artistique International et de la Fondation BNP Paribas

Scénographie, lumières : Emanuel Gat en collaboration avec Samson Milcent et Guillaume Février

Conception son : Emanuel Gat en collaboration avec Frederic Duru